Contexte

L’Afrique est confrontée à plusieurs maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes pour  lesquelles les infrastructures et les ressources humaines ne sont pas encore assez organisées pour faire face. Malgré des investissements de plus en plus importants, les résultats obtenus dans la lutte contre les maladies infectieuses restent mitigés.

Toutefois, d’après l’UNICEF, les efforts consentis dans la lutte contre les maladies ont permis de réduire de moitié, la mortalité des enfants de moins de cinq ans  entre 1960 et 20021, de plus en plus de personnes vivant avec le VIH ont accès au traitement antirétroviraux,…), des résultats encourageants sont obtenus dans le programme d’éradication de la poliomyélite. Mais malgré ces éléments de satisfactions selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la situation de la lutte contre les maladies infectieuses dans les pays du Sud reste encore préoccupante. En dépit des financements importants alloués à la lutte contre les maladies infectieuses, les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés comme le témoigne la recrudescence des épidémies de rougeole, le nombre croissant de décès du au paludisme et de cas de tuberculose multi résistants etc. Cela traduit bien l'impasse actuelle des programmes tels qu'ils sont conduits.

Durant des années, il y a eu très peu de renforcement des capacités des institutions et des acteurs. L’approche fortement « médico-centrée » de la recherche et de la formation sur les maladies infectieuses en Afrique est en train de montrer ses limites. De plus, certains projets et approches opérationnels sont souvent basées sur des exigences et recommandations internationales qui ne font pas forcement référence aux priorités nationales.

Pour mieux comprendre les mécanismes d’émergence et de réémergences des maladies infectieuses humaines, leurs dynamiques spatiales et temporelles ainsi que leurs distributions au niveau des populations, les approches classiques d’épidémiologie jusqu’à présent utilisées (principalement en Afrique) sont très limitées. D’où la nécessité de recourir à des approches écologiques, plus globalisantes et plus efficaces pour la compréhension de ces phénomènes morbides (Patz et al. 2004,).

La difficulté de transfert des résultats de recherches scientifiques  aux acteurs de terrain constitue un des obstacles majeurs à la diffusion de ce type d’approche. Cette situation s’explique entre autre part la difficulté d’aligner les recommandations issues des recherches parmi les priorités et leur financement par les  pays et par la communauté internationale. Il en résulte une impression de cloisonnement entre un monde de la recherche enfermé dans de savantes connaissances sans impact social et un monde de l’opérationnel continuant à penser que la victoire sur les maladies infectieuses ne se fera qu’à coup des projets très coûteux type grandes campagnes de vaccination, sans jamais se remettre en question ou s’interroger sur les causes des échecs opérationnels. En même temps, les quelques recommandations en santé publique issus des travaux de recherche sont confrontées à la difficulté de leur alignement dans les agendas des priorités à budgétiser par les pays et par la communauté internationale.

Au vu du constat sur les risques accrus de réémergence des maladies infectieuses en Afrique en général et en RDC en particulier, vu le nombre de plus en plus croissant des phénomènes morbides souvent mortels non identifiés, s’inspirant de l’expérience du projet d’étude sur le choléra en RDC2, il a semblé opportun d’initier, la création en RDC, d’une Unité de Recherche et de Formation sur l’Ecologie et le Contrôle des Maladies Infectieuses. Cette unité se veut une structure de  formation par la recherche pour aborder des maladies infectieuses dans une approche pluridisciplinaire afin d’ajuster les approches opérationnelles et décloisonner la recherche par la formation sur les problématiques réelles et actuelles qui prévalent sur terrain.
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